Plus de 5 000 personnes ont défilé samedi 17 octobre dans les rues de Bayonne, au terme d'une journée nationale d'actions portée par des lycéens, des étudiants, des syndicats, des Gilets jaunes et des associations, selon le quotidien régional SudOuest.fr. Une mobilisation restée pacifique pendant plusieurs heures, avant que des heurts n'éclatent en soirée devant la sous-préfecture.
Le cortège s'était donné rendez-vous vers 14 heures devant la gare de Bayonne, avant de s'engager sur le pont Saint-Esprit en direction du centre-ville. Le flot ne cessait de s'étoffer au fil des quartiers traversés : lycéens, vétérans des Gilets jaunes, élus de gauche, familles avec enfants et personnes âgées se mêlaient dans un même élan, rapporte SudOuest.fr. Sur la place de la Liberté, la foule était si dense qu'elle débordait des deux côtés des allées Paulmy.
Une démocratie citoyenne à réinventer
« Depuis des années, on cherche une nouvelle voie pour tenter de réanimer une forme de démocratie citoyenne. Définir comment on se rassemble, comment on s'organise, comment on se parle », a confié Éric, manifestant bayonnais interrogé par SudOuest.fr aux côtés de Léa, tous deux postés au pied de l'Hôtel de ville.
Cette phrase mérite d'être méditée au-delà des frontières françaises. Elle dit, en creux, ce que des peuples entiers ressentent à l'égard de gouvernants qui confondent l'État avec leur propre comptabilité. Le Gabon connaît cette lassitude. La transition dirigée par le général Brice Oligui Nguema, vendue comme une ère nouvelle, reproduit dans les faits les méthodes, les opacités et les solidarités douteuses qu'elle prétendait combattre. Quand la parole citoyenne est confisquée d'en haut, elle finit toujours par jaillir d'en bas, parfois dans l'ordre, parfois dans la violence.
Vie chère et justice sociale au cœur des revendications
Les motifs de colère affichés à Bayonne allaient de la défense des services publics à l'amélioration des conditions d'études dans les lycées et les universités, en passant par davantage de justice sociale et une hausse du pouvoir d'achat. « On en a marre de survivre au lieu de vivre. On bosse pour faire le plein d'essence pour pouvoir aller bosser... », a soufflé Benoît, venu à la manifestation avec son fils Maxence, 13 ans.
« C'est lui qui m'a incité à venir pour faire entendre la colère qui monte partout, y compris dans les campagnes », a commenté ce commerçant établi à Saint-Palais, une chasuble fluorescente sur le dos appelant à un « Acte II des Gilets jaunes ».
L'association écologiste et sociale Bizi ! avait ressorti pour l'occasion sa banderole « Justice sociale, climat, même combat ! ». « Le gouvernement continue de demander des efforts à tout le monde, mais pas un centime aux milliardaires qui sont le plus responsable des catastrophes climatiques vers lesquelles on se dirige », a dénoncé Anthony Lubrano, porte-parole de l'association altermondialiste.
Le blocage du rond-point du Grand-Basque
Vers 17 heures, le cortège a atteint le rond-point du Grand-Basque et pris d'assaut ce giratoire stratégique. En quelques minutes, les entrées de Bayonne et les accès à l'autoroute A63 se sont retrouvés totalement paralysés. Plusieurs centaines de manifestants ont pénétré sur la chaussée et improvisé un barrage avec branchages et panneaux routiers, selon SudOuest.fr. Après une demi-heure, les bloqueurs ont levé le camp, laissant derrière eux une chaussée impraticable que les ouvriers de Vinci ont mis plusieurs heures à nettoyer.
Des violences en soirée devant la sous-préfecture
Pour quelques centaines d'irréductibles, la mobilisation ne s'est pas arrêtée là. Le cortège a regagné le centre-ville en direction de la sous-préfecture, dans une ambiance d'abord calme, avec un dispositif policier léger, ou volontairement invisible, note le journal régional. Vers 19 heures 30, le climat s'est brutalement dégradé : environ 200 personnes se sont retrouvées face aux forces de l'ordre venues protéger les abords de la résidence du sous-préfet. Jets de pierres, poubelles incendiées et grenades lacrymogènes ont marqué cette séquence de violences, dont le bilan restait difficile à établir au moment de la rédaction de l'article de SudOuest.fr.
Ce que ce mouvement enseigne au Gabon
On serait tenté de croire que ces images ne regardent que la France. Ce serait une erreur d'analyse. La France qui s'agite est la même puissance qui signe nos contrats miniers, finance nos budgets et dicte, par ses institutions et ses fondations, les contours de notre prétendue refondation démocratique. Un pays où les citoyens descendent massivement dans la rue pour réclamer de la justice sociale est un pays dont les leçons doivent être scrutées à Libreville avec la plus grande attention.
La convergence des colères, pour reprendre la formule des organisateurs, n'est pas un folklore hexagonal. C'est un phénomène mondial. La Colombie a connu récemment le même scénario, avec des milliers de manifestants opposés à un gouvernement de droite, comme nous l'avions
