La Biarrote Mayrin Burasovitch, patineuse de la section roller sport du Biarritz Olympique omnisports, est revenue du Paraguay avec deux médailles mondiales conquis dans la douleur, rapporte SudOuest.fr. Début octobre 2026, lors des Championnats du monde de roller freestyle, elle a décroché l'argent par équipes puis le bronze en saut individuel, malgré deux doigts cassés, une commotion cérébrale et un bras immobilisé contre sa poitrine.
Sélectionnée en équipe de France pour trois épreuves, le skatecross, le teamcross et le saut en hauteur, Mayrin Burasovitch avait les moyens d'ambitionner un triplé. Dans cette dernière discipline, elle frôle les records mondiaux féminins. À Asunción, elle visait l'or. Le récit de sa compétition, livré au quotidien régional, dessine une trajectoire brisée puis relevée, au sens propre comme au figuré.
Une chute, deux doigts cassés et un genou écorché
Les débuts avaient pourtant laissé présager le meilleur. Après quelques jours d'acclimatation, la patineuse signe le meilleur temps des qualifications individuelles. En équipe, avec ses coéquipières tricolores, elle obtient la médaille d'argent.
« On est dans le couloir extérieur, donc avec les Italiennes, qui sont à l'intérieur, on arrive en même temps dans le virage. Instinctivement, j'ai envie de me décaler pour leur prendre l'intérieur. On va très vite et j'ai mes deux roues qui décrochent »
La chute est violente. Mayrin Burasovitch se relève presque aussitôt, replace sa genouillère, repart. À l'arrivée, le bilan est lourd : deux doigts cassés, un genou sérieusement écorché. Les doigts solidement strappés, juste assez pour saisir les poignées de départ, elle reprend la compétition.
La chute qui aurait pu tout arrêter
La machine se grippe définitivement en finale individuelle de skatecross. Deuxième en course, la Biarrote voit une concurrente tomber juste derrière elle. Le patin de cette dernière tourne et accroche le sien.
« Je suis devant, je tape l'épaule en premier et j'atterris sur le dos. Mon casque est cassé... Cette fois, je ne me relève pas »
Direction l'hôpital. Le diagnostic tombe : une inflammation acromio-claviculaire, une forme d'entorse de la clavicule, assortie d'une commotion cérébrale. À quelques jours de l'épreuve de saut en hauteur, celle où elle tutoie les records, la patineuse croit sa compétition terminée.
« J'ai prévenu tout le monde que c'était mort... »
Le temps passe, pourtant, et la douleur se révèle supportable avec le bras immobilisé. Reste à convaincre l'encadrement français, réticent à laisser s'aligner une athlète blessée.
Sauter avec un bras scotché
Le test est concluant : le bras est scotché autour de la poitrine et Mayrin Burasovitch tente les entraînements de saut juste avant l'épreuve. L'épreuve consiste à franchir une barre horizontale, et chaque réception constitue un risque pour son épaule.
« Je vois que j'arrive à passer la barre de 1m10. J'arrive à rester debout aussi, car ma plus grosse peur, c'était de tomber et de me refaire mal ailleurs »
Le feu vert obtenu, elle scotche son bras et franchit 1,15 mètre là où ses concurrentes terminent à 1,10 mètre. Médaille de bronze assurée, elle tente plus haut, sans enjeu de classement, pour son seul plaisir : 1,25 mètre. Le bras immobilisé l'en empêche dans un premier temps.
« J'ai coupé la corde et je suis allée sauter le 1,25 m. Et c'est passé ! J'ai eu super mal »
Deux médailles et un deuil
Au terme de ces mondiaux, Mayrin Burasovitch repart donc du Paraguay avec l'argent du teamcross et le bronze du saut individuel. Le Biarritz Olympique omnisports a salué un résultat remarquable.
« Malgré cette fin de compétition difficile, ces deux médailles constituent une très belle récompense pour Mayrin et pour la section roller sport du BO, qui voit une nouvelle fois l'un de ses athlètes porter haut les couleurs du club et de la France sur la scène internationale »
Pour l'athlète, le bilan demeure doux-amer. À la fierté d'avoir persévéré jusqu'au bout s'ajoute un deuil assumé, celui des médailles d'or qui étaient, selon ses termes, atteignables au saut comme en skatecross. Beaucoup de frustration sur le moment, beaucoup de colère et de tristesse, confie-t-elle.
À l'hôpital, elle n'a pas été seule. Un autre athlète de l'équipe de France s'y trouvait également, blessé. « J'ai beaucoup relativisé en le voyant. On a beaucoup ri ensemble à l'hôpital. Ça m'a permis de digérer, car je n'étais pas toute seule », raconte-t-elle. Ses soignants et ses coéquipières, qui l'ont vue sauter malgré tout, ont ajouté à l'émotion de ce final inattendu.
Ce que ce parcours dit de la jeune génération sportive
Au-delà du cas individuel, ce récit rappelle les conditions dans lesquelles les jeunes athlètes, souvent méconnus et faiblement soutenus par les fédérations, arrachent leurs résultats au prix de leur intégrité physique. Le roller freestyle demeure une discipline discrète, sans la médiatisation ni les moyens du football ou du cyclisme. Les exploits qui s'y accomplissent reposent presque exclusivement sur la volonté des pratiquants et sur l'appui de clubs locaux, tel le Biarritz Olympique omnisports.
Pour les lecteurs gabonais, la leçon a une portée qui dépasse le sud-ouest de la France. Nos jeunes sportifs, dans des disciplines aussi variées que l'athlétisme, le basket ou les sports de glisse urbaine, connaissent pareil combat : celui de s'entraîner avec des moyens dérisoires, de représenter un drapeau et de revenir blessés, parfois sans que nul ne consigne leur sacrifice. La persévérance de Mayrin Burasovitch, refusant l'abandon alors que son corps l'y invitait, illustre une vertu que notre pays gagnerait à honorer davantage : la fidélité à l'effort, sans calcul ni compromission.
La patineuse devrait désormais entamer une période de convalescence, le temps de laisser cicatriser clavicule, doigts et genou. Son bilan paraguayen demeure : deux médailles mondiales, arrachées à la douleur.
Questions fréquentes
Quelles médailles Mayrin Burasovitch a-t-elle remportées aux mondiaux de roller ?
Elle a obtenu la médaille d'argent en teamcross par équipes et la médaille de bronze en saut individuel aux Championnats du monde de roller freestyle, début octobre 2026 au Paraguay.
Quelles blessures a-t-elle subies pendant la compétition ?
Elle a souffert de deux doigts cassés, d'un genou sérieusement écorché, d'une inflammation acromio-claviculaire et d'une commotion cérébrale, selon SudOuest.fr.
Comment a-t-elle pu sauter avec un bras immobilisé ?
Son bras a été scotché contre sa poitrine et elle a réussi les tests de saut avant l'épreuve, obtenant l'accord de l'encadrement pour concourir. Elle a franchi 1,15 mètre pour la médaille de bronze, puis 1,25 mètre sans enjeu de classement.
