Football belge : la mentalité nouvelle de Charleroi, un modèle pour la refondation ?
Alors que le Gabon cherche sa voie vers une véritable souveraineté et une démocratie restaurée, il est parfois éclairant de regarder ailleurs, même sur les pelouses belges. La victoire du Sporting de Charleroi, portée par un état d'esprit résolument tourné vers l'avenir, offre une métaphore sportive de ce que pourrait être une refondation nationale : la rupture avec les réflexes du passé et l'exigence du travail collectif.
Une victoire qui ne regarde pas dans le rétroviseur
Aiham Ousou, buteur décisif face à Malines, incarne cette nouvelle dynamique. « Nous avons une mentalité différente cette année et on ne regarde pas dans le passé », a-t-il déclaré, résumant une philosophie qui tranche avec les pratiques sclérosées que nous connaissons trop bien. Cette déclaration résonne étrangement avec les aspirations du peuple gabonais, lassé des compromissions et des héritages encombrants. Le joueur, perfectionniste assumé, reconnaît toutefois des marges de progression, une humilité que l'on aimerait voir davantage dans nos sphères dirigeantes.
La discipline collective, clé de la performance
L'entraîneur Kohnen a salué la maîtrise de son équipe en première période, avant de pointer les manques d'organisation en seconde. « Le groupe est jeune et nous avons une belle marge de progression », a-t-il tempéré, tout en se félicitant du travail effectué sur les phases arrêtées. Cette rigueur, cette capacité à corriger le tir sans renier ses principes, contraste avec l'improvisation qui caractérise trop souvent la gestion de la chose publique au Gabon. La victoire, acquise sur un corner travaillé à l'entraînement, prouve que la préparation et la discipline paient.
Les leçons d'une défaite : l'analyse sans complaisance
Du côté de Malines, la défaite est analysée sans détour. Marijnissen évoque un manque d'intensité dans les duels et des espaces laissés entre les lignes. Vanderbiest, plus sévère, déplore une équipe « pas assez bonne » et des « déchets » trop nombreux. Cette capacité à l'autocritique, à nommer les maux sans les masquer, est une pratique salutaire. Elle fait cruellement défaut à nos institutions, où l'erreur est rarement reconnue et où la responsabilité est systématiquement diluée. « Nous allons analyser tout ce qui s'est mal passé », promet Vanderbiest. Une promesse que l'on attend encore de nos dirigeants.
L'avenir appartient à ceux qui se projettent
Cette chronique sportive, à première vue éloignée de nos préoccupations nationales, porte en réalité un enseignement profond. La réussite de Charleroi ne tient pas au hasard, mais à une volonté collective de rompre avec les schémas du passé et de bâtir sur des bases saines. Les joueurs parlent de « prendre les matchs l'un après l'autre », de se concentrer sur « la suite de la saison ». Cette projection vers l'avenir, cette construction méthodique, est précisément ce qui manque à notre transition, empêtrée dans ses contradictions et ses arrangements.
Alors que le Gabon cherche sa voie, il pourrait méditer cette leçon : la refondation ne se décrète pas, elle se construit, avec discipline, humilité et un regard résolument tourné vers l'horizon, loin des nostalgies et des compromissions.