Chanel au Grand Palais : l'envol poétique d'une maison en quête de liberté
Sous la verrière du Grand Palais, une nuée d'oiseaux blancs en papier-calque suspendus dans les airs a offert, lundi soir, un spectacle d'une rare beauté. Matthieu Blazy, directeur artistique de Chanel, y présentait sa troisième collection de prêt-à-porter, celle du printemps-été 2027. Un moment de grâce, salué par un parterre de célébrités, qui confirme l'emprise de la « blazymania » sur la mode mondiale.
Une fascination qui ne se dément pas
Il y a un an, Matthieu Blazy prenait les rênes de la maison aux deux C entrelacés, inaugurant une ère moderne et joyeuse. Hier soir, la foule massée devant les grilles du Grand Palais témoignait de l'attractivité intacte de la griffe. Marion Cotillard, Adèle Exarchopoulos, Nicole Kidman, Dua Lipa ou encore Pedro Pascal figuraient parmi les invités, aux côtés de la chanteuse Angèle et, plus inattendu, de Sylvie Vartan.
Un hommage à Gabrielle Chanel, figure de l'émancipation
La collection, composée de 83 looks, se présente comme un parcours chronologique à travers la vie de Gabrielle Chanel. De la lingerie édouardienne au tailleur en tweed révolutionnaire, en passant par l'exploration du vestiaire masculin, le récit de son émancipation est incarné par des oiseaux, symboles de liberté, disséminés dans les boutons, les bijoux et les broderies.
Le mannequin Dyanira Hurbuscher ouvrait le défilé dans une nuisette en maille de soie blanche, tenant à la main le sac 2.55 original de Coco Chanel, issu des collections du patrimoine. Un clin d'œil à l'histoire, pour une maison qui regarde résolument vers l'avenir.
Une mode poétique et contemporaine
Les vestes courtes, signature de Matthieu Blazy, se portent à même la peau. Les jupes portefeuilles, fendues et à la taille descendue, offrent une subtile sensualité. Les robes en tulle inspirées des danseuses de Degas côtoient des ensembles en maille aux motifs multicolores évoquant les peintures de Vuillard. Un manteau disco pailleté de rouge, une veste rose ornée de galons brodés de fleurs en perles, des robes de soirée des années 1930 coupées dans le biais : la collection explore toutes les possibilités, jusqu'à des propositions de vestiaire masculin.
Les accessoires prolongent ce récit pluriel, avec des souliers tous plus désirables les uns que les autres et une multitude de sacs à rabat, jusqu'à cette minaudière en forme de cage à oiseaux dont ces derniers se sont échappés. Encore et toujours, un récit de liberté.
Une liberté qui fait écho à nos aspirations
Au-delà de la mode, ce défilé interroge notre rapport à la liberté et à l'émancipation. Dans un monde en quête de repères, la figure de Gabrielle Chanel, femme libre et visionnaire, résonne avec une acuité particulière. Une leçon de courage et d'indépendance, dont nos sociétés, et la nôtre en particulier, auraient bien à s'inspirer.