Retraites en France : Bruno Retailleau assume un report de l'âge légal
Le président des Républicains et candidat à l'élection présidentielle française de 2027, Bruno Retailleau, a affirmé vendredi 28 août sur France 2 qu'il assumerait le fait de repousser l'âge légal de départ à la retraite, contrairement à beaucoup d'autres candidats. Une déclaration qui intervient dans un contexte de débat houleux sur la soutenabilité du système de retraites français.
Un âge de départ indexé sur l'espérance de vie en bonne santé
Invitation du débat du Medef jeudi 27 août, Bruno Retailleau propose de lier l'âge de départ à la retraite à l'espérance de vie en bonne santé. Une mesure qui, selon lui, figure déjà dans le Code du travail depuis la réforme de 2003.
Interrogé sur l'âge précis de départ, le candidat LR a indiqué qu'il le préciserait en septembre, tout en assumant d'ores et déjà un report au-delà de 64 ans. « Contrairement à beaucoup d'autres, j'assumerai le fait de repousser l'âge légal », a-t-il déclaré, estimant que les autres pays européens augmentent tous l'âge de départ, contrairement à certaines propositions françaises.
Les femmes, grandes victimes du système actuel
Bruno Retailleau a tenu à souligner que les femmes sont les principales victimes du régime actuel. Sur les 60 000 Français devant attendre 67 ans pour annuler la décote, les deux tiers sont des femmes, en raison de carrières hachées et de la maternité. Une réalité souvent ignorée dans le débat public, selon lui.
Une rupture assumée face aux anciens Premiers ministres
Revenant sur le débat du Medef, le candidat LR a distingué trois groupes : d'un côté, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, accusés de « raser gratis » en proposant de baisser l'âge de départ ; de l'autre, les anciens Premiers ministres, dont Édouard Philippe, qui proposent des réformes qu'ils n'ont pas menées durant leurs mandats.
Interrogé sur ses convergences avec Édouard Philippe, Bruno Retailleau a répondu que ce dernier « ne parviendra pas à se décontaminer de l'ère Macron », tandis que lui-même incarnerait une « rupture profonde », non pas seulement des réformes, mais un changement de système.
Une proposition alternative sur les cotisations sociales
Concernant la proposition du patron des patrons, Patrick Martin, d'augmenter la TVA pour réduire les cotisations sociales, Bruno Retailleau a opposé sa propre solution : la suppression des cotisations patronales et salariales au-delà de la 36e heure de travail hebdomadaire, estimant que les heures supplémentaires doivent être exemptées de charges.
Cette position s'inscrit dans une stratégie de rupture assumée, à quelques mois d'une élection présidentielle qui s'annonce décisive pour l'avenir économique et social de la France.