À six mois de l'élection présidentielle française, l'exécutif d'Emmanuel Macron traverse la plus grave crise de son second mandat. Selon le journal Le Progrès dans son édition du 19 octobre 2026, l'allocution télévisée du chef de l'État, suivie par plus de 16 millions de téléspectateurs, un record, n'a convaincu ni l'opposition ni son propre camp, tandis qu'un nouvel acte de mobilisation est attendu samedi 24 octobre.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a tenté d'afficher sa fermeté, lundi à la mi-journée, sur le perron de l'hôtel de Matignon, entouré de plusieurs ministres. « Quand c'est difficile, l'État tient », a-t-il lancé, rapporte Le Progrès. Une formule volontairement martiale, mais qui masque mal l'épuisement d'un pouvoir confronté à des critiques venues de tous les camps.
Un président contesté jusque dans son propre camp
Les critiques les plus cinglantes ne viennent pas de l'opposition, mais des propres alliés du président. Édouard Philippe, ancien Premier ministre et candidat déclaré à la présidentielle, a tranché : « Notre pays a besoin d'être commandé », regrettant l'absence de réponses présidentielles face au chaos des derniers jours.
Gabriel Attal, président de Renaissance et également candidat, s'est montré tout aussi sévère. « L'autorité de l'État a failli », a-t-il déclaré. « Il faut qu'il prenne la mesure du traumatisme des Français. La réponse du gouvernement n'est pas à la hauteur de la situation », a-t-il ajouté.
Cette fronde interne illustre une fragmentation politique profonde. Le chercheur en sciences politiques Bruno Cautrès, du Cevipof, y voit « le sentiment d'un pouvoir usé jusqu'à la corde et qui inspirait une certaine déconnexion avec la situation ». Pour lui, la France se situe désormais « entre la grave crise politico-institutionnelle et la crise de régime ».
Mayors, parlement, oppositions : la pression monte de toutes parts
Les maires, qui avaient appelé à des rassemblements devant leurs mairies ce lundi, ne ménagent pas non plus leur langage. « Il est urgent que l'État fasse son boulot », a insisté Emmanuel Grégoire, maire de Paris, tandis que le président du parti Horizons réclamait davantage de fermeté. Le ministre de l'Intérieur a bien présenté sa démission, mais Emmanuel Macron l'a refusée, comme nous l'avions rapporté.
Le monde politique, dans son ensemble, s'invite dans la contestation. Bruno Retailleau (LR) dénonce un « président incapable de rassurer les Français » et évoque un « spectre de guerre civile ». Jordan Bardella (RN) fustige « un pouvoir qui s'effondre sur lui-même ». À gauche, Raphaël Glucksmann (Place publique) parle d'« une fin de règne extrêmement crépusculaire ».
Une commission d'enquête parlementaire en préparation
À la demande de Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, une commission d'enquête destinée à faire la lumière sur les scènes de chaos du week-end et sur leurs responsables devrait être entérinée dès mardi matin. Au Sénat, la commission des Lois a annoncé, ce lundi, le lancement d'une mission d'information sur les violences ayant émaillé le week-end.
Emmanuel Macron, en voyage officiel au Moyen-Orient dans les quatre monarchies du Golfe pour trouver des solutions concrètes sur les prix des carburants et de l'énergie, suit heure par heure la situation. Officiellement sourd aux critiques, il se rassure en notant que les manifestations ne touchent pas seulement la France mais plusieurs pays.
Des couvre-feux annoncés, une situation qui se tend
La situation sur le terrain continue de se dégrader. Des premiers couvre-feux ont été annoncés dans le nord de la France et à Paris. Les discussions budgétaires s'enlisent à l'Assemblée nationale, tandis que le taux d'intérêt de la France s'envole. La séance des questions au gouvernement de mardi à l'Assemblée nationale s'annonce, selon Le Progrès, « plus qu'orageuse ».
Cette crise française, si elle semble lointaine, offre au Gabon un miroir inattendu. Un régime qui s'accroche, une parole publique qui ne convainc plus, des institutions contestées : autant de symptômes que les Gabonais connaissent bien et qui rappellent que la stabilité d'un État repose sur la confiance, non sur la seule rhétorique.
