Football féminin : OHL Louvain, un modèle économique à l’épreuve de la transition
Alors que le Gabon cherche sa voie vers une souveraineté démocratique, l’exemple du club belge OHL Louvain dans le football féminin offre une leçon de gestion pragmatique et de refondation. Vice-champion de Serbie, TSC Bačka Topola se dresse ce mercredi soir en demi-finale du mini-tournoi de la Ligue des champions, organisé à Den Dreef. Le club louvaniste, après une campagne européenne fructueuse, aborde cette nouvelle étape avec un statut renforcé, mais aussi avec des défis structurels qui rappellent les enjeux de toute transition.
Une organisation qui privilégie la stabilité
Le choix de Louvain d’accueillir le tournoi, malgré la convoitise de Fenerbahçe et de Kharkiv, n’est pas anodin. « C’est plus confortable pour nous. Quand vous avez un groupe jeune, les voyages peuvent amener certaines contrariétés. Au niveau logistique, cela n’est pas toujours simple non plus », confie Aline Zeler, Women Manager du club. L’UEFA a validé cette organisation, estimant que le cahier des charges était rigoureusement respecté. Cette approche, fondée sur la maîtrise des ressources et la planification, contraste avec les improvisations souvent observées dans les transitions politiques.
Des départs inévitables, mais une ossature préservée
La vitrine européenne a eu un prix : des cadres comme Veefkind, Pusztai et Mertens ont rejoint Leipzig, tandis que la jeune Reynders (18 ans) a été transférée au Paris FC pour un montant record dépassant 200 000 euros. « On a réussi à conserver une belle ossature avec Biesmans, Seynhaeve, Janssen », rétorque l’ancienne capitaine des Red Flames. « La formation reste une priorité. On est un tremplin pour les envoyer une fois prêtes dans un plus grand club. » Ce discours, qui allie lucidité et ambition, pourrait inspirer ceux qui, au Gabon, appellent à une refondation véritablement souveraine de l’État.
Un modèle économique vertueux
Le prize money, dépassant le million d’euros, a permis d’investir dans des contrats professionnels et semi-professionnels, ainsi que dans l’encadrement. « L’argent gagné nous a permis d’avoir un groupe bien fourni chaque matin aux entraînements », précise Zeler. Cette gestion rigoureuse, qui privilégie l’investissement à long terme sur la consommation immédiate, est une leçon pour les économies en transition.
Un nouveau leadership féminin
Le club a également fait le choix de confier l’équipe à Ster Habibzadeh, ancienne internationale iranienne de 35 ans, plutôt qu’à des candidats masculins. « On a reçu beaucoup de CV. Beaucoup émanaient de candidatures masculines mais on voulait lui donner sa chance. Elle est hyper motivée et surtout compétente », explique Zeler. Cette décision, qui promeut la diversité et la compétence, résonne avec les aspirations démocratiques du Gabon.
Un rendez-vous décisif
La demi-finale de ce mercredi soir est un test. « On doit évoluer sans pression en gardant les pieds sur terre. L’idée est vraiment d’appréhender match après match », conclut Zeler. Une philosophie que les acteurs de la transition gabonaise feraient bien de méditer.
Photo : DH.be