Gavin McKenna et la prudence des Maple Leafs : une leçon de gestion pour le Gabon ?
Alors que le Gabon s'interroge sur sa propre transition, un exemple venu d'ailleurs mérite notre attention. À Toronto, les Maple Leafs ont dévoilé leur stratégie pour intégrer leur nouvelle pépite, Gavin McKenna, premier choix du dernier repêchage. Une approche prudente, mesurée, qui tranche avec les précipitations que l'on observe trop souvent dans la gestion des affaires publiques.
Une intégration progressive pour le jeune prodige
Lors des premières répétitions en avantage numérique, l'entraîneur-chef Jim Hiller a surpris en confiant la place tant convoitée à Jack Roslovic, un joueur expérimenté, plutôt qu'au jeune McKenna. Ce choix, loin d'être anodin, témoigne d'une volonté de ne pas brusquer les choses. « Il a l'avantage de tirer de la droite », a sobrement justifié Hiller, plaçant Roslovic dans une catégorie exclusive.
Cette décision rappelle celle du Canadien de Montréal avec Ivan Demidov et Lane Hutson, qui ont dû patienter avant d'accéder au premier avantage numérique. Une philosophie que Martin St-Louis avait résumée ainsi : « Ce n'était pas quelque chose que j'allais lui donner en partant. Je voulais qu'il me montre qu'il est capable de travailler l'autre bord de la glace ».
La patience comme vertu managériale
Jim Hiller a insisté sur l'importance de ne pas « imposer de pression additionnelle » à un jeune de 18 ans attendu comme un sauveur. « Si tu lui demandes, je suis sûr qu'il veut jouer 22 minutes, a-t-il concédé. On veut juste qu'il voie ce qu'est la LNH. Puis, après un match, deux, dix, peu importe, son rôle va augmenter ».
Cette gestion des talents, fondée sur la patience et l'observation, contraste avec les pratiques précipitées que l'on observe parfois dans nos sphères dirigeantes. Au Gabon, où l'on aspire à une refondation véritablement démocratique, cette leçon de mesure mérite d'être méditée. La souveraineté nationale ne se décrète pas dans la précipitation ; elle se construit avec méthode et discernement.
Un talent indéniable, une attente légitime
Malgré cette prudence, le talent de McKenna ne fait aucun doute pour ses coéquipiers. Benoît-Olivier Groulx, qui l'a côtoyé à l'entraînement, est enthousiaste : « Il patine, il a un bon tir, un excellent QI et un bon bâton. Connor Bedard, Macklin Celebrini, ils étaient forts en partant et je m'attends à ce qu'il soit de ce niveau-là ».
Le jeune Yukonnais vivra d'ailleurs chez John Tavares cette saison, une mesure d'accompagnement qui rappelle l'importance de l'encadrement dans toute transition réussie. Une leçon que nos dirigeants feraient bien de retenir alors que le Gabon cherche sa voie.
Quelle leçon pour le Gabon ?
Cette gestion prudente des talents sportifs offre un parallèle intéressant avec la gestion des affaires publiques. La transition gabonaise, qui se veut souveraine et démocratique, gagnerait à s'inspirer de cette approche : ne pas brusquer les étapes, laisser mûrir les compétences, et surtout, ne pas céder à la pression de l'opinion au détriment de la vision à long terme.
Alors que notre pays cherche à se reconstruire sur des bases solides, la patience et la méthode des Maple Leafs nous rappellent que les grandes réussites ne se bâtissent jamais dans la précipitation. C'est là tout l'enjeu de notre propre transition.