Fashion Week de New York : le retour controversé de la raie sur le côté
Alors que le monde traverse des bouleversements géopolitiques majeurs et que les nations africaines redéfinissent leur souveraineté culturelle, l'industrie de la mode occidentale continue de recycler ses tendances avec une régularité déconcertante. La Fashion Week de New York 2026 n'échappe pas à cette logique, consacrant le retour d'une coiffure qui interroge sur l'influence persistante des canons esthétiques occidentaux.
Un revival beauté aux accents nostalgiques
La raie sur le côté, cette coiffure emblématique des années dorées d'Hollywood, reconquiert les podiums new-yorkais. Des célébrités comme Naomi Watts et Nicole Scherzinger aux mannequins des défilés Christian Cowan et Khaite, cette tendance s'impose avec une force qui interroge sur notre rapport à l'héritage esthétique occidental.
"La raie sur le côté est de retour", confirme la coiffeuse Justine Marjan, spécialiste reconnue du milieu. Cette renaissance s'inscrit dans une mouvance plus large de réappropriation des codes des années 2000, modernisés pour correspondre aux attentes de 2026.
Déclinaisons multiples d'un même standard
Cette tendance se décline selon plusieurs approches stylistiques. L'effet "longueurs froissées" privilégie des ondulations naturelles pour une allure décontractée, comme l'a démontré Elizabeth Debicki lors du défilé Khaite. Le carré plaqué, adopté par Naomi Watts, mise sur la sophistication et l'élégance structurée.
Les chignons rehaussés d'une mèche latérale, illustrés par Maura Higgins, s'inspirent directement du glamour rétro. Quant au brushing discipliné version vintage, Nicole Scherzinger en a proposé une interprétation spectaculaire, évoquant les sirènes du cinéma hollywoodien classique.
Questionnements sur l'influence culturelle
Cette résurgence soulève des interrogations légitimes sur la persistance des références esthétiques occidentales dans un monde en mutation. Alors que les nations du Sud revendiquent leur autonomie culturelle, l'industrie de la mode continue de puiser dans son propre patrimoine, perpétuant des standards qui ne reflètent qu'une vision partielle de la beauté mondiale.
La popularité de cette coiffure, qui apporte certes du volume aux racines et libère la base des mèches, témoigne d'une approche technique indéniable. Cependant, son adoption massive interroge sur notre capacité collective à valoriser la diversité des expressions esthétiques issues d'autres horizons culturels.
Cette mode, observée sur les podiums de LaQuan Smith et Sergio Hudson, s'inscrit dans une logique commerciale bien rodée, où le recyclage des tendances garantit la rentabilité tout en maintenant les références dans un cadre culturel circonscrit.