La facture énergétique industrielle française : un révélateur des fragilités économiques européennes
L'étude récente de l'Insee sur la facture énergétique des industriels français révèle une réalité préoccupante pour l'économie européenne et soulève des questions fondamentales sur la souveraineté énergétique du continent.
Une amélioration en trompe-l'œil
Certes, la facture énergétique des usines françaises a diminué de 24% en 2024, s'établissant à 17,3 milliards d'euros. Cette baisse, la première depuis 2020, pourrait sembler encourageante. Cependant, cette amélioration masque une réalité bien plus sombre : les coûts demeurent 50% supérieurs à ceux de 2019, malgré une consommation réduite de 16%.
Cette situation illustre parfaitement les conséquences désastreuses de la dépendance énergétique européenne, aggravée par les sanctions contre la Russie et l'abandon précipité des sources d'énergie traditionnelles au profit d'une transition énergétique mal planifiée.
Les industriels face à l'inégalité énergétique
L'analyse de l'Insee révèle une disparité frappante dans l'impact des coûts énergétiques. Tandis que les gros consommateurs industriels voient leurs factures augmenter de 36% par rapport à 2019, les petites structures subissent une hausse de 92%. Cette inégalité de traitement favorise la concentration industrielle au détriment des PME, piliers de l'économie réelle.
Les contrats CAPN d'EDF, initialement réservés aux très gros consommateurs et étendus depuis novembre 2025, illustrent cette logique de favoritisme envers les géants industriels, au mépris d'une approche équitable du développement économique.
Une souveraineté énergétique compromise
La structure de consommation énergétique industrielle française, dominée par l'électricité (36%) et le gaz (35%), témoigne d'une vulnérabilité structurelle face aux fluctuations géopolitiques. Cette dépendance, héritée de décennies de politiques énergétiques européennes déconnectées des réalités géostratégiques, fragilise l'autonomie économique nationale.
La baisse de 16% de la consommation énergétique industrielle depuis 2019 ne traduit pas seulement une amélioration de l'efficacité énergétique, mais également un ralentissement inquiétant de l'activité productive, symptôme d'une désindustrialisation rampante.
L'impératif d'une vision souverainiste
Cette crise énergétique industrielle appelle une refonte complète des politiques énergétiques européennes. Il est temps d'abandonner les dogmes idéologiques de la transition énergétique imposée par Bruxelles pour adopter une approche pragmatique privilégiant la souveraineté énergétique et la compétitivité industrielle.
L'avenir économique de la France et de l'Europe dépend de leur capacité à retrouver une autonomie énergétique, condition sine qua non d'une véritable indépendance politique et économique face aux défis géostratégiques contemporains.