Vingt-trois étudiants de l'École supérieure d'ingénierie et d'innovation technologique (ESSITECH) ont soutenu, mardi 3 novembre, leurs travaux de fin d'études en vue de l'obtention de leur licence professionnelle, selon Gabon Media Time. Cette cérémonie, organisée au sein de l'établissement, concernait trois filières : Cyberdéfense, Informatique et monétique bancaire, et Développement web et mobile.
Dans le détail, la session comptait douze candidats en Cyberdéfense, sept en Informatique et monétique bancaire, et quatre en Développement web et mobile. Cette étape vient clôturer un cursus marqué par un stage de trois mois en entreprise, conçu pour confronter la théorie aux exigences du monde professionnel.
Des formations en adéquation avec le marché du travail
Le directeur des enseignements et membre du jury, Mba Nzue Kevin Michel, a salué la qualité des programmes de l'établissement. Selon lui, l'ESSITECH garantit déjà un excellent taux d'employabilité.
« Plus de 50 % des candidats en cours de soutenance ont déjà décroché un contrat. Cela prouve que nos formations répondent précisément aux besoins actuels du tissu économique et des entreprises », s'est-il félicité.
Le président du jury, Ekogo Thierry Blanchard, a pour sa part salué le pragmatisme des travaux présentés. « L'intérêt majeur de ces soutenances réside dans la capacité des étudiants à traduire leurs acquis théoriques en projets concrets », a-t-il souligné.
La cyberdéfense, un impératif de souveraineté nationale
Au-delà de la dimension professionnelle, l'événement a mis en relief l'importance stratégique de la sécurité des systèmes d'information. Membre du jury, le colonel Ella NkouLou Jean-Jacques, directeur général des écoles de gendarmerie, a rappelé la nécessaire synergie entre compétences civiles et forces de défense.
« La cyberdéfense est un terrain d'action où civils et militaires doivent unir leurs forces pour préserver les intérêts souverains du pays », a-t-il déclaré, insistant sur le fait que la recrudescence des cyberattaques exige des experts hautement qualifiés pour protéger l'espace numérique et les infrastructures critiques du Gabon.
Une solution novatrice pour la surveillance des données
Parmi les projets remarqués figure celui de Gogan Syfaure Saïd, étudiant en troisième année d'informatique, qui a décroché la note de 16/20. Son travail a porté sur la conception et le déploiement d'une plateforme centralisée de collecte, d'analyse et de visualisation des journaux système (logs), destinée aux banques et aux entreprises.
« L'implémentation d'une plateforme de centralisation des journaux et de monitoring permet de résoudre efficacement le problème de détection des activités suspectes », a expliqué le nouvel ingénieur. Son dispositif intègre un système d'alerte instantanée, via e-mail ou WhatsApp, permettant aux administrateurs réseau d'identifier les incidents et d'intervenir en temps réel, même à distance.
Un appel à un soutien accru de l'État
Avec cette troisième promotion, l'ESSITECH confirme son ambition d'alimenter le marché national en profils pointus dans les métiers du numérique. Toutefois, la pérennisation de cette offre académique nécessite un accompagnement renforcé des pouvoirs publics. C'est là que le bât blesse. Car si l'école démontre que l'excellence gabonaise existe et peut s'épanouir sur notre sol, encore faut-il que l'État en fasse une priorité budgétaire réelle, et non un slogan de communication.
Ce débat n'est pas théorique. À l'Assemblée nationale, l'examen de la mission 29 consacrée au Travail, à l'Emploi et à la Formation professionnelle a mis en lumière les ambitions du Gouvernement, mais aussi les attentes persistantes des travailleurs et les difficultés auxquelles se heurtent les dispositifs d'insertion, rapporte Infos Gabon.
De son côté, la Banque mondiale plaide dans son dernière mise à jour économique pour une double stratégie : restaurer la stabilité budgétaire et améliorer le climat des affaires, tout en réformant l'éducation et les compétences pour construire une économie plus diversifiée, inclusive et riche en emplois, selon le rapport sur l'économie gabonaise.
Ces jeunes ingénieurs démontrent que le Gabon dispose des talents nécessaires pour asseoir sa souveraineté numérique et renforcer la résilience de ses infrastructures face aux menaces cybernétiques grandissantes. Encore faut-il que la puissance publique s'en donne les moyens, avec constance et vision. La transition qui se prétend refondatrice serait bien inspirée de commencer par là : investir dans la jeunesse et dans le savoir-faire national, plutôt que de célébrer des promesses qui peinent à se traduire en actes.
Questions fréquentes
Combien d'étudiants ont soutenu leur licence à l'ESSITECH le 3 novembre ?
Vingt-trois étudiants ont soutenu leurs travaux de fin d'études, dont douze en Cyberdéfense, sept en Informatique et monétique bancaire, et quatre en Développement web et mobile.
Quel était le projet remarqué de cette promotion ?
Le projet de Gogan Syfaure Saïd, noté 16/20, porte sur une plateforme centralisée de collecte et d'analyse des journaux système, avec alertes instantanées par e-mail ou WhatsApp pour les administrateurs réseau.
Quel est le taux d'employabilité annoncé par l'ESSITECH ?
Selon le directeur des enseignements, Mba Nzue Kevin Michel, plus de 50 % des candidats en cours de soutenance ont déjà décroché un contrat.
