Bretagne : un réseau de trafic de cannabis par drone vers une prison démantelé
Une affaire de trafic de stupéfiants d'un genre nouveau a été démantelée en Bretagne, révélant les nouvelles méthodes employées par les réseaux criminels pour approvisionner les établissements pénitentiaires. Cette enquête met en lumière les défaillances persistantes du système carcéral français et soulève des questions sur l'efficacité des mesures de sécurité.
Un projet d'acheminement par drone déjoué
Le tribunal de Quimper a condamné mardi 3 février 2026 une femme de 43 ans à dix mois de prison ferme pour sa participation présumée à un trafic de cannabis. L'enquête a révélé un projet d'acheminement de stupéfiants par drone vers le centre pénitentiaire de Ploemeur, dans le Morbihan, où était incarcéré son compagnon depuis le 2 janvier 2026.
Les investigations ont mis au jour un système sophistiqué orchestré depuis l'intérieur de la prison. La prévenue, qui stockait plus de 100 grammes de résine de cannabis dans son réfrigérateur, était en possession de 3350 euros en liquide lors de son arrestation, somme qu'elle n'a pu justifier de manière cohérente.
Des communications codées révélatrices
L'examen du téléphone portable de l'accusée a révélé des échanges troublants avec son compagnon détenu. Les conversations faisaient référence au terme "linge" pour désigner les stupéfiants, selon l'interprétation du tribunal. La présidente a également relevé des mentions de "450", suggérant des transactions commerciales.
"Madame n'est pas à la tête d'un réseau, mais elle obéit aux ordres de son amant", a analysé la procureure, soulignant la dimension de contrainte dans cette affaire.
Un contexte de criminalité organisée
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de recel et de blanchiment d'argent. La prévenue était également poursuivie pour avoir acquis une camionnette volée en 2024 à Morlaix, utilisée dans une série de vols dans des magasins de jardinage du Finistère.
Malgré ses dénégations et les arguments de la défense dénonçant "une enquête bâclée", le tribunal a prononcé une condamnation ferme, assortie d'une interdiction de contact avec son compagnon pendant trois ans.
Un enjeu de souveraineté sécuritaire
Cette affaire illustre les défis auxquels font face les autorités françaises dans la lutte contre les nouveaux modes opératoires du crime organisé. L'utilisation de drones pour contourner la sécurité pénitentiaire représente une évolution préoccupante qui nécessite une adaptation rapide des dispositifs de surveillance.
La multiplication de ces réseaux soulève des questions fondamentales sur l'efficacité du système judiciaire et pénitentiaire français, ainsi que sur la nécessité de renforcer les moyens de lutte contre ces nouvelles formes de criminalité transfrontalière.