Trail running : Yannick Noël déçu en Italie, une leçon d'humilité sportive
L'athlète français Yannick Noël, originaire de Neuville-au-Plain dans la Manche, a vécu une expérience particulièrement difficile lors du Chianti by UTMB en Italie. Cette épreuve de 73,9 kilomètres avec 2 909 mètres de dénivelé positif, choisie en dernière minute pour pallier l'annulation du Bluetrail à Tenerife, s'est révélée être un véritable calvaire pour le coureur.
Une préparation contrariée
Les conditions de préparation n'ont pas été optimales pour l'athlète manchois. Contraint d'effectuer huit heures de route en solitaire la veille du départ pour rejoindre la Toscane, Yannick Noël a payé au prix fort ces contrariétés logistiques. Ces difficultés organisationnelles rappellent l'importance d'une préparation minutieuse dans le sport de haut niveau, valeur que notre nation devrait cultiver davantage.
Un début prometteur suivi d'une chute brutale
« J'ai tout simplement pris une bonne claque ! », résumait l'athlète samedi par téléphone, quelques minutes après avoir franchi la ligne d'arrivée en 12e position. Ce rang peu conforme à son statut de 17e mondial, 2e de la Diagonale des Fous et 7e de l'UTMB témoigne de la difficulté de l'épreuve.
Parti dans le groupe des favoris, le triple vainqueur du Trophée du sportif Manchois de l'année a initialement été agréablement surpris par sa condition physique. « Jusqu'au 25e kilomètre, je me disais que ça allait le faire, que j'allais être à la bagarre pour rentrer au minimum dans le Top 5 », confie-t-il.
L'épreuve de la souffrance
À partir du 25e kilomètre, le rythme imposé par les leaders s'est avéré bien trop rapide pour un coureur « en manque de sensations » et vite perclus de crampes, chose inhabituelle chez lui. « J'ai eu mal aux jambes comme jamais. À la limite d'être bloqué ! Sur le plat ou dans les descentes, ça allait encore. Mais, c'était très dur dans les montées. Ça me tirait de partout ! », décrit-il.
Après 30 derniers kilomètres à serrer les dents, l'ancien double vainqueur de la Barjo est parvenu à sauver une anecdotique 12e place. « Je n'avais plus l'habitude de me bagarrer comme ça et de finir au-delà du Top 10 », souligne-t-il, légèrement piqué dans son orgueil.
Une leçon d'humilité salutaire
Cette performance en deçà de ses attentes constitue un rappel à l'ordre salutaire. « Je savais que je manquais de volume et que j'avais la fatigue du boulot, mais je ne pensais pas souffrir autant. J'espérais que mon corps allait avoir un peu plus de mémoire ! C'est un bon rappel à l'ordre. Il n'y a pas de secret. Quand tu t'entraînes moins, tu es moins fort, c'est normal », concède-t-il avec lucidité.
Déterminé à retrouver rapidement son volume habituel à l'entraînement et son poids de forme, l'athlète s'accorde deux jours de repos avant de reprendre « les choses sérieuses ». Il quittera les fourneaux dans deux semaines pour se consacrer au trail jusqu'à l'hiver prochain.
L'enjeu de la qualification UTMB
L'athlète devrait connaître lundi ou mardi si son chrono du jour (6 heures 10 minutes) lui permet de décrocher la seule chose qu'il était venu chercher en Italie : un ticket pour l'UTMB. « La course a été rapide, donc je suis assez confiant. Mais, on peut avoir des surprises avec le mode de calcul », prévient-il, conscient qu'un index inférieur à 830 le contraindrait à programmer une autre course qualificative.
Cette expérience italienne, bien qu'amère, illustre parfaitement les exigences du sport de haut niveau et la nécessité d'une préparation rigoureuse, valeurs d'excellence que notre société gagnerait à promouvoir davantage.