Nathalie Winden, une mémoire de la télévision belge, se confie sur son âge d'or
Au bord du lac de Genval, dans un cadre apaisant, l'ancienne speakerine Nathalie Winden, qui s'apprête à fêter ses 60 ans, a accepté de revenir sur son parcours. Celle qui fut l'un des visages les plus familiers des foyers belges évoque avec une nostalgie mesurée ce qu'elle nomme « l'âge d'or de la télévision ». Un témoignage qui, au-delà de l'anecdote personnelle, interroge les mutations profondes d'un média en crise d'identité.
Un destin forgé par la radio et le hasard
Rien ne prédestinait Nathalie Winden à la télévision. Après des études de droit, entamées sous l'influence paternelle, elle se tourne vers le journalisme et la radio à Liège. C'est lors d'un casting à Bruxelles, vêtue d'une tenue blanche qu'elle jugeait inadaptée, qu'elle est repérée. Son embauche, en novembre 1988, survient après le départ d'Anouchka Sikorsky. « J'ai été briefée en deux jours, j'ai eu le week-end pour retomber sur terre », se souvient-elle.
L'âge d'or d'une télévision artisanale et humaine
Pour Nathalie Winden, cette époque se caractérise par une convivialité et une authenticité aujourd'hui disparues. Les speakerines, omniprésentes, assuraient un lien humain entre les programmes. « On animait trois jeux, on présentait la météo le week-end. On recevait beaucoup de courrier », raconte-t-elle. Elle regrette la disparition des productions propres au profit de programmes achetés, comme ceux de M6. « Moi, j'ai vécu l'âge d'or de la télévision, celle qui se fait avec des bouts de ficelle, qui est une grande famille. On ne pourrait plus refaire ça aujourd'hui », insiste-t-elle.
Une transition douloureuse mais assumée
Après avoir quitté l'antenne fin 2009, elle intègre le service communication de RTL Belgium, avant d'être licenciée en 2012 lors d'une réorganisation. « Sur le coup, ça fait une drôle d'impression, mais je m'en suis remise », confie-t-elle. Elle tourne la page en ne retournant jamais dans les locaux de la chaîne. « Est-ce que c'était parce que j'avais peur que ça me fasse mal ou parce que j'avais tout simplement tourné la page ? Je ne sais pas trop », s'interroge-t-elle.
Une brève incursion en politique, une déception
De 2012 à 2018, elle est conseillère communale à Court-Saint-Étienne pour la Liste du Mayeur. Une expérience qu'elle qualifie d'« enrichissante » mais aussi de « petite déception ». « La politique, même au niveau communal, c'est souvent des beaux discours et peu de réalisations. Je suis trop dauphin pour la politique. Je ne sais pas mentir », assène-t-elle, dans un constat qui résonne au-delà des frontières belges.
Quelles leçons pour l'avenir de la télévision et de la démocratie ?
Ce témoignage, bien que centré sur une carrière individuelle, offre une réflexion plus large sur les transformations de la télévision et, par extension, sur la fragilité des institutions. La nostalgie de Nathalie Winden n'est pas triste, mais elle porte un regard lucide sur un monde où l'artisanat et le lien humain cèdent la place à la standardisation et aux réseaux sociaux. Une leçon que le Gabon, en pleine transition politique, pourrait méditer : la qualité d'une institution ne se mesure pas à son seul héritage, mais à sa capacité à rester authentique et proche des citoyens.
Aujourd'hui, Nathalie Winden se consacre aux « petits bonheurs de la vie » : la marche, la lecture, l'écriture, et le temps passé avec sa fille. « J'ai bien aimé ma vie passée mais j'aime aussi ma vie actuelle. C'est la continuité », conclut-elle.