Guerre en Ukraine : la médiation américaine bute sur l’intransigeance de Moscou
Alors que les émissaires de Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, ont achevé ce dimanche 6 septembre 2026 une tournée diplomatique à Moscou puis à Kiev, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé que la guerre se poursuivrait durant l’hiver, faute de volonté réelle de Vladimir Poutine de négocier directement. Au 1 656e jour de l’invasion totale de l’Ukraine par la Russie, la médiation américaine semble marquer le pas face à des positions irréconciliables.
Zelensky prévoit une prolongation du conflit malgré les discussions
« Nous comptons sur le soutien de nos partenaires européens si la guerre se prolonge durant l’hiver, ce qui semble être le cas pour l’instant », a déclaré Volodymyr Zelensky lors d’une conférence de presse à l’issue de ses entretiens avec les deux envoyés américains, rapporte l’Agence France-Presse (AFP). Cette déclaration contraste avec l’optimisme affiché par Steve Witkoff, qui s’est félicité de discussions « très significatives » à Kiev, après avoir été reçu au Kremlin la veille.
« Il faudra que les deux parties fassent des compromis et réduisent les divergences, et nous pensons disposer des éléments nécessaires pour y parvenir », a affirmé l’homme d’affaires proche de Donald Trump, avant d’ajouter : « C’est très difficile, mais nous sommes déterminés. »
La question territoriale demeure l’obstacle central
Le président ukrainien a réaffirmé que la question territoriale, au cœur du conflit, ne pouvait être réglée que lors de rencontres directes entre chefs d’État. « Je veux m’en tenir à ma position qui est que des questions aussi complexes ne peuvent être résolues qu’au niveau des dirigeants », a-t-il insisté, appelant une nouvelle fois Vladimir Poutine à négocier directement, ce que ce dernier refuse obstinément.
Une autre session de pourparlers a réuni les deux émissaires américains, la délégation ukrainienne et des conseillers européens, dont l’Allemand Günter Sautter, le Britannique Jonathan Powell et le Français Emmanuel Bonne, sans avancée majeure sur le fond.
Trêve partielle sur Kiev et Moscou, mais les hostilités persistent
De son côté, Vladimir Poutine s’est entretenu pendant trois heures samedi soir avec les envoyés américains. À l’issue de ces discussions, il a décrété une cessation des frappes sur Kiev pour trois jours, de samedi à lundi inclus. Volodymyr Zelensky a annoncé en retour un arrêt des attaques visant Moscou pendant la même période.
Cependant, cette trêve limitée ne s’étend pas au reste des deux pays. Dans la nuit de samedi à dimanche, l’armée russe a attaqué l’Ukraine avec 108 drones et des missiles, selon l’armée de l’air ukrainienne, qui affirme en avoir abattu la plupart, tout en précisant que 11 sites ont été touchés. De son côté, l’armée russe a déclaré avoir neutralisé 258 drones ukrainiens, un incendie ayant endommagé une entreprise à Riazan, au sud-est de Moscou, que le média ASTRA identifie comme une raffinerie.
Une médiation sous tension, un hiver décisif en perspective
Alors que les émissaires américains évoquent des compromis nécessaires, la réalité du terrain semble contredire leurs espoirs. La poursuite des bombardements, même réduite, et l’intransigeance de Vladimir Poutine sur la question territoriale laissent présager un hiver difficile pour l’Ukraine, dont la résistance dépendra largement du soutien européen. Pour les observateurs, cette médiation, bien que saluée, n’a pour l’heure produit qu’une trêve symbolique, loin d’une résolution durable du conflit.