Lens, l'inquiétant chantier avant Prague
Le Racing Club de Lens traverse une période délicate. À cinq jours de son entrée en Ligue des champions face au Slavia Prague, l'équipe artésienne a concédé une défaite inquiétante face à Lorient (0-1), samedi, à Bollaert-Delelis. Les sifflets du public, chose rare dans cette enceinte, ont accompagné la sortie des joueurs, signe d'une impatience grandissante.
Cette défaite, la deuxième en trois journées de championnat après celle concédée à Strasbourg (2-1), intervient dans un contexte de reconstruction. L'effectif a été profondément remanié, le staff également, et les automatismes peinent à se mettre en place. Le Trophée des champions remporté en début de saison semble déjà loin.
Une équipe en reconstruction, des supporters inquiets
Le public lensois, habitué aux grands soirs européens, n'a pas caché sa déception. Les sifflets ont fusé à la mi-temps et à la fin de la rencontre, une réaction que l'entraîneur Dino Toppmöller a dit comprendre. « Je ne suis pas depuis longtemps à Lens, a-t-il déclaré. On a joué trois fois ici, gagné deux fois, je ne sais pas comment les supporters réagissent, mais je peux comprendre une déception. Tout le monde était déçu, eux aussi. »
Le capitaine Florian Thauvin, lui, a préféré esquisser un demi-sourire, refusant de s'apesantir sur la prestation de son équipe. Une attitude qui en dit long sur la fébrilité ambiante.
Des carences criantes au milieu de terrain
Au-delà du résultat, c'est la qualité du jeu produit qui interpelle. Le milieu de terrain, chantier prioritaire de l'été, n'a pas trouvé sa cohérence. Les rotations opérées par Toppmöller, destinées à donner du rythme à un effectif en rodage, n'ont pas porté leurs fruits. L'équipe a manqué d'intensité et de liant, offrant une prestation décousue, loin des standards attendus.
Le but encaissé, sur une erreur de relance plein axe d'Ismaëlo Ganiou, illustre ces carences. Les occasions, elles, ont existé, notamment dans le dernier quart d'heure, mais l'efficacité a fait défaut. Une reprise de volée de Cuisance repoussée par Mvogo, un centre-tir de Thauvin détourné, une frappe de Bulatovic : autant de situations qui auraient pu changer la donne.
Des absences et des blessures qui fragilisent l'édifice
Le bilan de la soirée est lourd. Matthieu Udol est sorti sur blessure dès la 24e minute, Yassine Titraoui a suivi à la 56e, et Souleymane Sagnan a été expulsé en toute fin de match. Autant de paramètres qui fragilisent un groupe déjà en quête de repères.
Florian Thauvin, cependant, refuse de céder au pessimisme. « Personne n'a baissé les bras, tout le monde a continué, a-t-il assuré. On n'a pas encore trouvé notre rythme de croisière. Il y a eu beaucoup de changements dans l'équipe, au niveau des joueurs et du staff. Il va falloir partir sur un nouveau cycle, trouver un nouvel équilibre avec une équipe qui fonctionne. Mais je n'ai pas de doute qu'on va y arriver parce qu'ici, on a du cœur, on a une âme, on ne lâche jamais rien. »
Des propos volontaires, mais qui ne masquent pas l'urgence. Jeudi, à Prague, le niveau sera d'un tout autre acabit. Le Slavia, habitué des joutes européennes, ne fera aucun cadeau à une équipe lensoise encore en chantier. La reconstruction, nécessaire, devra se faire à marche forcée.
Un calendrier impitoyable pour le RC Lens
La Ligue des champions ne pardonne pas. Le précédent de 2023, où Lens avait débuté sa campagne européenne à Séville avec un point pris en cinq journées, reste dans les mémoires. L'équipe n'a pas le droit à l'erreur. Le chantier est grand ouvert, et le temps presse.
La question est désormais de savoir si ce groupe, en pleine métamorphose, saura trouver la cohésion nécessaire pour affronter l'Europe. Les supporters, eux, attendent des réponses. Et ils ne sont pas près de les donner.
