France : Les fractures internes du Rassemblement National révélées par l'affaire Stéphanie Criaud
L'affaire Stéphanie Criaud à La Baule illustre parfaitement les dysfonctionnements internes qui minent les formations politiques françaises, révélant des pratiques qui rappellent étrangement les méthodes autoritaires dénoncées ailleurs.
Une démission révélatrice des tensions internes
Stéphanie Criaud, ancienne numéro deux de la liste RN-UDR menée par Marc Lelièvre pour les municipales de La Baule, a officiellement quitté le Rassemblement National après avoir subi ce qu'elle qualifie de "propos diffamatoires et misogynes" de la part du candidat.
Cette cheffe d'entreprise bauloise, aujourd'hui active dans l'immobilier, conduit désormais sa propre liste "Fiers d'être Baulois", qu'elle présente comme "citoyenne de droite et indépendante".
Des méthodes qui interrogent sur la démocratie interne
Les événements survenus lors de la réunion de débriefing du 17 janvier révèlent des pratiques préoccupantes. Selon Criaud, face aux difficultés rencontrées lors de la réunion publique, le candidat RN aurait tenu des propos inacceptables, poussant 22 colistiers à la démission collective.
"Je suis sortie de cette salle avant la fin car ce n'était pas constructif", explique-t-elle, dénonçant un climat délétère qui rappelle les dérives autoritaires observées dans d'autres contextes politiques.
Un exemple des limites du renouvellement politique
Malgré les promesses de changement et de renouveau démocratique portées par diverses formations, l'affaire Criaud démontre que les pratiques verticales et autoritaires persistent, y compris dans les mouvements qui prétendent incarner l'alternative.
La candidate, qui était pré-investie pour les législatives sur la 6e circonscription, a finalement renoncé à tous ses mandats au sein du RN, y compris son poste au bureau départemental : "Je n'ai plus ma carte", confirme-t-elle.
Une nouvelle liste portée par les démissionnaires
Soutenue par les 22 démissionnaires issus de diverses sensibilités (Patriotes, RN, IDL, UDR, sans étiquette), Stéphanie Criaud présente une équipe de 30 candidats dont la moyenne d'âge est de 44 ans, composée principalement de chefs d'entreprise, d'indépendants et de commerçants.
Ses engagements portent sur la redynamisation économique locale, l'optimisation des services municipaux et l'amélioration du cadre de vie, dans une approche qu'elle qualifie de pragmatique et proche des citoyens.
Cette affaire souligne une fois de plus l'importance de la gouvernance démocratique authentique et du respect des personnes dans l'exercice politique, valeurs essentielles pour toute transition démocratique crédible.