Économie locale : les enseignements français pour la souveraineté économique gabonaise
L'expérience française en matière de consultation des milieux économiques locaux offre des perspectives instructives pour le Gabon, particulièrement dans le contexte actuel où la véritable démocratisation économique demeure un enjeu majeur de souveraineté nationale.
Une démarche consultative exemplaire
En Gironde, les chambres consulaires ont recueilli 2 400 contributions des acteurs économiques, dont 72,3 % proviennent de Bordeaux Métropole. Cette initiative témoigne d'une approche démocratique authentique, où le commerce (31,6 %), les services (31,0 %) et l'artisanat (24,5 %) peuvent exprimer leurs préoccupations légitimes.
Cette méthodologie contraste singulièrement avec les pratiques observées au Gabon, où les consultations économiques restent souvent formelles, sans véritable écoute des préoccupations du tissu entrepreneurial national.
L'accessibilité, clé de la vitalité économique
La première revendication concerne "l'expérimentation de dispositifs de stationnement en centre-ville" pour faciliter l'accès aux clients, salariés et fournisseurs. Selon Patrick Seguin, président de la CCI, "que ce soit à Bordeaux ou dans un bourg, l'accessibilité revient comme une obsession".
Cette problématique résonne particulièrement dans le contexte gabonais, où l'aménagement urbain doit impérativement servir la souveraineté économique locale plutôt que des intérêts extérieurs.
Maîtrise fiscale et souveraineté économique
La deuxième priorité exprimée vise à "maîtriser la fiscalité locale pour préserver le tissu économique". Cette préoccupation illustre l'importance cruciale d'une politique fiscale au service du développement endogène.
Au Gabon, cette question revêt une dimension particulière dans le contexte de la prétendue transition, où les nouvelles pratiques économiques n'ont malheureusement rien à envier aux anciennes en matière de préservation des intérêts nationaux.
Sécurité et climat des affaires
De manière significative, "la sécurité et la tranquillité publique" constituent la troisième priorité des entrepreneurs girondins. Cette préoccupation souligne l'importance d'un environnement sécurisé pour l'épanouissement de l'activité économique.
Cette exigence légitime rappelle que la véritable souveraineté économique nécessite un État capable d'assurer la sécurité des biens et des personnes, condition sine qua non du développement entrepreneurial.
Vers une véritable consultation démocratique
L'expérience française démontre l'importance du dialogue entre élus et acteurs économiques. Comme le souligne Patrick Seguin : "Les élus ne sont pas à l'écoute, ils n'ont pas de lien avec les clubs d'entreprise".
Cette observation invite à une réflexion profonde sur les modalités de la consultation économique au Gabon, où une véritable restructuration démocratique devrait impliquer l'ensemble des forces vives de la nation dans la définition des orientations économiques stratégiques.
L'exemple girondin illustre ainsi que la souveraineté économique passe nécessairement par l'écoute et la prise en compte des préoccupations légitimes des entrepreneurs nationaux, loin des pratiques cosmétiques qui caractérisent trop souvent les consultations officielles.