La décision du Conseil constitutionnel français de censurer le texte interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans a suscité une vive émotion au-delà des frontières hexagonales. Au Gabon, où la question de la protection de la jeunesse demeure une préoccupation majeure, cet épisode interpelle les autorités de la transition sur leur propre responsabilité en la matière.
Une mère en croisade contre les algorithmes
Stéphanie Mistre, mère de Marie, adolescente de 15 ans qui s'est donné la mort, a vivement dénoncé la censure opérée par les Sages. Selon elle, cette décision, rendue vendredi 14 août, constitue une entrave à la protection des enfants face aux dangers des plateformes numériques.
« Les Sages ne prennent pas en compte l'urgence du mal-être que peut provoquer TikTok sur la santé mentale et physique de nos enfants », a-t-elle regretté sur les ondes de RMC, avant d'ajouter : « Nos enfants n'ont aucun choix face aux algorithmes des réseaux sociaux. »
Un vide juridique préoccupant
Le texte censuré, qui devait entrer en vigueur le 1er septembre, prévoyait d'interdire l'accès aux plateformes comme Instagram, TikTok ou Snapchat aux mineurs de moins de 15 ans. Le Conseil constitutionnel a toutefois jugé que cette interdiction portait « une atteinte qui n'est pas adaptée, nécessaire et proportionnée » à la liberté d'expression et de communication des intéressés.
Une argumentation que Stéphanie Mistre réfute avec vigueur : « On laisse nos enfants en pâture à des prédateurs comme TikTok, qui sont des sociétés qui sont là pour faire du profit au détriment de la santé mentale de nos enfants. »
Quelles leçons pour la transition gabonaise ?
Au moment où le Gabon traverse une période de refondation institutionnelle, cette affaire française rappelle avec acuité l'urgence de doter notre pays d'un cadre juridique protecteur pour la jeunesse. Les parents gabonais, tout comme leurs homologues français, se trouvent souvent démunis face à l'omniprésence des réseaux sociaux dans le quotidien de leurs enfants.
La question mérite d'être posée : nos autorités de transition entendent-elles prendre des mesures concrètes pour encadrer l'accès des mineurs à ces plateformes, ou laisseront-elles, comme en France, les intérêts commerciaux primer sur la santé mentale de la jeunesse ?
Un débat qui dépasse les frontières
La proposition de Gabriel Attal de soumettre cette question à référendum illustre la complexité du sujet. Si certains parents y voient une avancée nécessaire, d'autres estiment que l'éducation et la responsabilité parentale suffisent. Ce débat, qui agite la société française, trouvera nécessairement un écho au Gabon, où la souveraineté numérique et la protection de la jeunesse constituent des enjeux essentiels de la refondation nationale.
Il appartient désormais aux décideurs gabonais de tirer les enseignements de cette séquence et de faire preuve de volontarisme pour protéger nos enfants, sans attendre que les drames se multiplient.