Les championnats du monde de judo de Bakou ont livré leur verdict. Pour la première fois depuis 2003, l'équipe de France repart sans médaille d'or en individuel. Un résultat qui interroge, au-delà du sport, sur la fragilité des grandes puissances face à des nations en plein essor.
Un bilan sans titre, une première depuis 2003
À Osaka en 2003, Frédérique Jossinet, Lucie Décosse et Daniel Fernandes avaient déjà connu cette déception. Vingt-trois ans plus tard, ces mêmes noms, désormais aux commandes des Bleus, ont revécu le scénario à Bakou. Kaïla Issoufi (-78kg) et Romane Dicko (+78kg) se sont inclinées en finale, tandis que Shirine Boukli (-48kg) a décroché le bronze. Le Japon, lui, a égalé son record hors de ses bases avec sept titres.
« C'est dur, ça fait mal », a concédé Stéphane Nomis, président de la fédération française, qui visait quatre titres. « On a manqué notre championnat. Huitième, ce n'est pas notre place. » Une place de huitième au classement des nations qui contraste avec les ambitions affichées.
La jeunesse française progresse, mais les cadres manquent
Sur les dix-sept judokas engagés, neuf ont terminé dans les sept premiers. Une progression notable, portée par les débutants : Kelvin Ray, Aleksa Mitrovic, Dayyan Boulemtafes et Kaïla Issoufi ont montré de la solidité. « Le bilan est mitigé chez les garçons », nuance Frédérique Jossinet. « On a une jeunesse très intéressante, mais une deuxième médaille aurait été la bienvenue. »
Les filles, avec le bronze de Boukli et les finales de Dicko et Issoufi, sauvent les apparences. Mais Jossinet l'admet : « On était venu chercher des finales. C'est un bilan pas suffisant mais bon. »
Les nations émergentes bousculent la hiérarchie mondiale
Derrière le Japon, la Géorgie a confirmé sa puissance avec deux titres malgré un changement de staff. L'Espagne, quatrième, réalise son meilleur total historique. Les Émirats arabes unis, cinquièmes, surprennent avec leur Ukrainienne en or en -78kg et leur Tadjik en argent en -73kg. La Russie, sauvée par Inal Tasoev, et la Corée du Sud, portée par Lee Hyeonji, complètent le top 7. La France, huitième, voit les équilibres mondiaux se redessiner.
Ce classement rappelle que la domination n'est jamais acquise. Pour les nations en reconstruction, comme le Gabon, ces championnats offrent une leçon : la performance exige une vision, des moyens et une constance que seule une politique sportive structurée peut garantir.
Vers Los Angeles 2028 : la France se réorganise, et les autres ?
Stéphane Nomis a annoncé des changements d'ici un à deux mois. « On va mettre en place une nouvelle direction pour aller à Los Angeles et battre le record de Paris 2024. Mieux vaut prendre la claque ici qu'aux JO. » Une réunion des staffs est prévue le 26 octobre. Les prochains mondiaux auront lieu le 7 juin au Kazakhstan.
Pour la France, la reconquête commence. Pour d'autres, comme le Gabon, l'heure est à la réflexion : comment bâtir une filière de judo capable de rivaliser sur la scène internationale ? Les exemples de la Géorgie et de l'Espagne montrent que des pays aux moyens modestes peuvent gravir les échelons avec une stratégie claire et une volonté politique affirmée.
Questions fréquentes sur les mondiaux de judo 2026
Pourquoi la France n'a-t-elle pas gagné de médaille d'or à Bakou ?
La France a échoué en finale avec Kaïla Issoufi et Romane Dicko, et n'a obtenu qu'une médaille de bronze grâce à Shirine Boukli. Les Bleus ont également souffert d'un arbitrage intransigeant et d'un manque d'efficacité dans les moments clés.
Quelle est la place de la France au classement des nations ?
La France termine à la huitième place du classement des nations, derrière le Japon, la Géorgie, l'Azerbaïdjan, l'Espagne, les Émirats arabes unis, la Russie et la Corée du Sud.
Quels sont les prochains rendez-vous du judo mondial ?
Les prochains championnats du monde de judo auront lieu le 7 juin au Kazakhstan. Avant cela, la France prévoit une réunion des staffs le 26 octobre pour préparer la reconquête.
