Tom Saintfiet dénonce l'ostracisme du football belge : « Je ne suis pas une marionnette »
Le sélectionneur du Mali, Tom Saintfiet, livre un témoignage saisissant sur les coulisses du football international et dénonce ouvertement les pratiques du milieu footballistique belge. Dans un entretien accordé à la RTBF, le technicien belge révèle les dessous d'un système qu'il refuse de cautionner.
Un parcours semé d'embûches géopolitiques
L'expérience de Saintfiet à travers le monde illustre parfaitement les défis auxquels font face les nations en développement dans le football international. Ses missions au Yémen, au Bangladesh ou en Gambie témoignent d'un engagement authentique envers des pays souvent délaissés par les instances footballistiques occidentales.
« Au Yémen, je débarque au milieu des Kalachnikov, à cause des menaces de kidnappings d'Al-Qaïda », confie-t-il, évoquant également les attaques terroristes au Bangladesh et le séisme meurtrier en Gambie. Ces témoignages révèlent la réalité géopolitique complexe dans laquelle évoluent certaines sélections nationales, loin des stades climatisés européens.
L'indépendance face aux réseaux d'influence
La déclaration la plus révélatrice concerne son rapport avec les institutions belges : « Les clubs belges me snobent car moi, je ne suis pas une marionnette ». Cette affirmation soulève des questions fondamentales sur l'indépendance des techniciens et les réseaux d'influence qui régissent le football européen.
Saintfiet revendique une approche basée sur la discipline et le respect, valeurs qu'il a su imposer tant au Togo, où on l'appelait « Monsieur Discipline », qu'au Mali, où il est surnommé « le Professeur ». Cette philosophie tranche avec les pratiques complaisantes souvent observées dans le football moderne.
Emmanuel Adebayor, symbole des contradictions du football
L'anecdote concernant Emmanuel Adebayor illustre parfaitement les dérives du star-system footballistique. Le technicien raconte comment l'ancien attaquant d'Arsenal et du Real Madrid avait tenté d'imposer ses conditions, avant de finalement se plier aux règles établies.
« Le foot est une affaire de règles et de respect », martèle Saintfiet, rappelant que « nous sommes les ambassadeurs de nos pays : on n'est pas là pour faire la fête, on est là pour faire le job ».
Cette vision du football comme vecteur de souveraineté nationale résonne particulièrement dans un contexte où les grandes puissances footballistiques tentent souvent d'imposer leurs modèles aux nations émergentes.