Moyen-Orient : Washington redoute une escalade militaire aux conséquences mondiales
Les États-Unis ont exprimé, samedi 19 septembre, leur vive préoccupation face à une possible « escalade rapide » des hostilités au Moyen-Orient, après que les Houthis du Yémen ont visé pour la première fois depuis plusieurs mois la capitale saoudienne, Riyad. Ces combattants pro-iraniens ont également ciblé des installations pétrolières stratégiques du royaume, ravivant les craintes d'un embrasement régional aux répercussions économiques mondiales.
Une attaque inédite contre Riyad et des installations d'Aramco
De fortes explosions ont retenti à deux reprises dans la capitale saoudienne, où un réservoir de carburant portant le logo du géant pétrolier Aramco a été vu en flammes près de l'aéroport. La coalition dirigée par l'Arabie saoudite a confirmé qu'un missile tiré par les Houthis en direction de Riyad avait été intercepté, tout en affirmant avoir déjoué d'autres tentatives visant des « civils et des biens civils » dans l'ouest du royaume, notamment le port de Yanbu, sur la mer Rouge.
Les Houthis ont, de leur côté, revendiqué deux attaques par missiles et drones, l'une contre « des sites sensibles à Riyad » et l'autre contre « des installations d'Aramco à Yanbu ». Ces frappes marquent un tournant, la capitale saoudienne n'ayant pas été menacée depuis la reprise des hostilités en juillet dernier.
Le retour précipité de Donald Trump à Washington
Le président américain, qui devait passer le week-end à Camp David, est rentré précipitamment à Washington samedi soir, sans explication officielle de la Maison Blanche. Ce retour anticipé intervient alors qu'un nouveau seuil a été franchi dans le conflit opposant l'Arabie saoudite aux Houthis, qui contrôlent une grande partie du Yémen voisin.
Le département d'État américain a lancé un avertissement aux ressortissants américains se trouvant au Moyen-Orient, estimant que « ce conflit militaire a le potentiel de connaître une escalade rapide ». Selon l'ONU, la percée éclair des Houthis ces dernières semaines a fait des centaines de morts et plus de 110 000 déplacés.
Des conséquences économiques mondiales déjà tangibles
Les hostilités ont déjà perturbé le trafic maritime et les exportations de l'Arabie saoudite, premier fournisseur mondial de pétrole. Le baril de brut s'est installé au-dessus des 100 dollars, faisant bondir les tarifs à la pompe pour les consommateurs du monde entier, y compris aux États-Unis, où approchent les élections de mi-mandat.
Les Houthis, qui ont lancé début septembre une vaste offensive au Yémen, contrôlent désormais tout le littoral bordant la mer Rouge, renforçant leur emprise sur le détroit stratégique de Bab el-Mandeb. Ce passage, qui relie l'Asie à l'Europe via le canal de Suez, a gagné en importance depuis que l'Iran a commencé à perturber fortement le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz.
Un rôle ambigu des États-Unis dans la région
Le média américain Axios affirmait la semaine dernière que Washington avait refusé de frapper les Houthis à la demande de Ryad. Mais avec l'intensification des attaques et leurs répercussions sur l'économie mondiale, il devient de plus en plus difficile pour Donald Trump de rester à l'écart du conflit.
Deux sources au sein du mouvement houthi ont indiqué que les combattants installaient des radars et creusaient des tunnels le long de la côte en mer Rouge, ajoutant que des membres des Gardiens de la Révolution, force armée de l'Iran, s'étaient récemment rendus dans cette région. Ces développements confirment l'ancrage régional d'un conflit qui dépasse désormais les seules frontières du Yémen.
« J'ai entendu l'alerte, puis mes fenêtres ont tremblé », a témoigné un habitant de 27 ans du nord de Riyad, illustrant l'inquiétude grandissante des populations civiles prises dans ce bras de fer régional.
Alors que l'Arabie saoudite multiplie les contacts diplomatiques sous pression, la communauté internationale observe avec inquiétude une escalade qui pourrait embraser une région déjà fragilisée par des décennies de conflits. Le monde entier, dépendant des flux pétroliers du Golfe, retient son souffle.