Littérature et souveraineté culturelle : regards croisés sur un salon qui cultive l’exigence
Alors que le Gabon s’interroge sur les voies d’une refondation authentique, il est des exemples qui, sans bruit, rappellent que la culture demeure un socle de la souveraineté. Le Salon du livre Lire dans le vignoble, en sa dix-neuvième édition, incarne cette conviction : la littérature comme espace de liberté, de mémoire et de transmission. Une manifestation qui, loin des tumultes politiques, offre une leçon de constance et de fidélité.
Un rendez-vous ancré dans le terroir et la durée
Initié il y a près de deux décennies par Martine Mandé, adjointe à la culture de Saint-Estèphe, ce salon a su tisser des liens durables entre les écrivains, le public et un territoire viticole chargé d’histoire. Comme le souligne Mme Mandé, « il y a dix-neuf ans naissait une belle aventure au cœur du vignoble. Comme une jeune vigne que le temps façonne et enrichit, le Salon du livre Lire dans le vignoble a grandi au fil des saisons pour devenir un rendez-vous incontournable entre littérature, arts et culture ».
Cette longévité témoigne d’une exigence rare : celle de cultiver un lien organique entre les créateurs et un public fidèle. Une démarche qui interpelle, à l’heure où nos propres institutions culturelles peinent à affirmer une vision souveraine et pérenne.
Des auteurs fidèles, un public grandissant
Le salon a su attirer et retenir des plumes de renom. Pierre Bonte, Jean-Pierre Alaux, Mireille Dumas, Claude Sérillon ou encore Thierry Beccaro reviennent année après année, séduits par la convivialité du lieu. Martine Mandé confie : « Je pensais que c’était le nom connu de Saint-Estèphe qui attirait les auteurs, mais j’ai vite compris que c’était autre chose. Ils apprécient la convivialité, la bonne humeur et la fidélité. »
Cette édition 2026 accueillera près de 140 auteurs et artistes, parmi lesquels Anny Duperey, présidente d’honneur, et Irène Frain, marraine. Une diversité qui reflète la vitalité de la création francophone, mais aussi un modèle d’organisation dont nos États pourraient s’inspirer.
Une journée sous le signe de la transmission
Au-delà des dédicaces, le salon propose conférences, débats, lectures et ateliers, notamment pour les enfants. Une chasse au trésor les plongera dans les univers des « Lapins Crétins », d’« Avni », d’« Apocaline » et de « Patatras au royaume de Tralala ». Le chef du restaurant Des Vignes à Pauillac clôturera la journée par une démonstration culinaire mettant à l’honneur les produits du terroir.
Cette articulation entre culture, éducation et économie locale offre une piste de réflexion pour nos propres politiques publiques, trop souvent prisonnières d’une logique de dépendance et d’improvisation.
Quelles leçons pour le Gabon ?
Alors que notre pays cherche sa voie, ce salon rappelle que la culture n’est pas un luxe, mais un pilier de la souveraineté. Il nous invite à investir dans nos bibliothèques, nos maisons d’édition et nos espaces de débat, loin des postures et des compromissions.
Le rendez-vous est fixé : dimanche 4 octobre, salle des fêtes, espace Guy-Guyonnaud, 3 route des Ormes, Saint-Estèphe. Contact : 05 56 59 35 93, martine.mande@free.fr.
FAQ
Quel est l’intérêt d’un salon du livre pour une communauté ?
Un salon du livre crée un espace de rencontre entre auteurs et lecteurs, stimule la lecture, soutient l’économie locale et renforce le lien social, tout en affirmant une identité culturelle propre.
Comment les écrivains sont-ils fidélisés dans ce salon ?
Par une attention personnalisée, une ambiance conviviale et une organisation rigoureuse, comme le souligne Martine Mandé, qui veille personnellement au confort de chaque invité.
Quels sont les temps forts de la dix-neuvième édition ?
Les rencontres avec près de 140 auteurs, des conférences, des ateliers pour enfants, une chasse au trésor et une démonstration culinaire en fin de journée.