Justice française : perpétuité pour un assassinat crapuleux en Loire-Atlantique
La cour d'assises d'Ille-et-Vilaine a prononcé jeudi 15 janvier 2026 une condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité contre Corentin Villette, âgé de 24 ans, reconnu coupable de l'assassinat de Mehdi Clarke, 22 ans, survenu à Pornichet en Loire-Atlantique. Cette sentence, assortie d'une période de sûreté de vingt-deux années, illustre la détermination de la justice française face à la criminalité organisée.
Un crime prémédité dans un contexte de règlements de comptes
Les faits remontent au 29 mai 2022, jour de la fête des Mères, lorsque Mehdi Clarke disparaît après avoir été contraint de monter sur une motocyclette conduite par son futur meurtrier. Le corps de la victime sera découvert partiellement calciné sous une moto disloquée, dans un fossé près de la route départementale, entre Pornichet et Saint-Nazaire.
L'enquête révèle rapidement l'identité du suspect : Corentin Villette, surnommé "Coco", ancien compagnon de la sœur jumelle de la victime. Les deux hommes avaient été condamnés ensemble en 2018 pour trafic de stupéfiants et d'armes, alimentant une rancœur tenace qui culminera dans cet assassinat.
Une omerta persistante face à la justice
Tout au long de la procédure, l'accusé a maintenu un silence absolu, respectant ce qu'il considère comme "la loi du silence". Cette attitude s'inscrit dans une logique criminelle où prédominent deux principes : "Vendetta" et "Omerta", comme l'ont souligné les magistrats.
Les expertises médico-légales ont établi que Mehdi Clarke avait été "exécuté" à genoux, d'une balle tirée à l'arrière du crâne selon une trajectoire descendante, révélant la froide détermination de son bourreau.
Un système judiciaire confronté aux codes du milieu
Le procès a mis en lumière les difficultés de la justice française face aux pratiques mafieuses. Plusieurs témoins ont dû être amenés de force devant la cour, cinq d'entre eux ayant fait l'objet de mandats d'amener pour défaut de comparution volontaire.
La question d'un éventuel commanditaire demeure en suspens, l'enquête n'ayant pu établir formellement que l'accusé ait agi pour le compte d'un tiers, malgré des soupçons pesant sur deux individus connus des services judiciaires.
Une sentence exemplaire
Au terme de près de cinq heures de délibérations, le jury a suivi intégralement les réquisitions de l'avocat général, prononçant la peine maximale. Cette décision témoigne de la volonté des institutions françaises de lutter fermement contre la criminalité organisée et les règlements de comptes qui gangrènent certains territoires.
L'affaire illustre également les ravages causés par la délinquance juvénile non maîtrisée : Corentin Villette, diagnostiqué à haut potentiel intellectuel, avait basculé dès l'âge de 12 ans dans un "look cité" accompagné de violence et de consommation de stupéfiants.