Le rappeur français BORO700, dont le morceau M*R*H fait l'objet d'une vive polémique après sa reprise par des lycéens, sera jugé le 21 octobre prochain devant la 17e chambre du tribunal judiciaire de Paris. L'information, révélée par RTL, intervient alors que le Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH) du parquet de Paris a ouvert une enquête pour « apologie publique d'un acte de terrorisme ».
Une plainte déposée par Éric Ciotti
La convocation du rappeur fait suite à une plainte déposée le 3 août dernier par le député UDR des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti, également maire de Nice. L'élu, connu pour ses positions fermes en matière de sécurité, avait dénoncé un morceau contenant, selon lui, de multiples références à des terroristes islamistes.
Des vidéos de lycéens scandant le morceau
L'enquête du parquet de Paris porte sur des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux à partir du 5 octobre 2026. L'une d'elles montre un groupe de lycéens reprenant le morceau dans un établissement scolaire de Beaugency, dans le Loiret. Les paroles incriminées font référence à Mohamed Merah, auteur des tueries de Toulouse et Montauban en 2012, au Bataclan, visé lors des attentats du 13 novembre 2015, ainsi qu'à Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos jihadistes de ces attaques.
On y entend notamment les paroles : « À la Mohamed Merah, v-esqui' les caméras. Bataclan, je l'ai shooté à l'œil, chasse à l'homme, Salah Abdeslam ».
Une autre vidéo dans une église de Vendée
Cette affaire intervient alors qu'une autre vidéo, distincte, a suscité de vives réactions en Vendée. Selon Ici Pays de la Loire, de très jeunes adolescents ont été filmés, dimanche 4 octobre, dans l'église de Soullans en train de diffuser et reprendre le même morceau, à l'aide d'une enceinte portable.
La mairie de Soullans et le diocèse de Luçon ont appelé à « l'apaisement », en rappelant que les jeunes concernés sont mineurs. Le diocèse a dénoncé « une atteinte grave à un lieu de culte ». L'église a été fermée jusqu'à nouvel ordre et une « messe de réparation » doit être organisée. Le parquet des mineurs de La Roche-sur-Yon s'est saisi de cette affaire.
Un morceau déjà signalé cet été
Le titre M*R*H n'avait pas attendu ces vidéos pour provoquer des réactions. Dès le mois d'août, Éric Ciotti avait annoncé avoir saisi la justice au sujet de cette chanson. Le rappeur BORO700, dont on sait peu de choses notamment car il aborde une cagoule blanche siglée « V12 », est originaire du quartier de La Passerelle, dans le 12e arrondissement de Paris.
Le morceau est sorti le 7 juillet 2026. Il n'apparaît plus sur certaines plateformes comme Spotify ou Apple Music, mais reste accessible sur YouTube, où son « clip officiel », mis en ligne le 21 août, cumule plus de 134.000 vues.
Une affaire qui interroge sur la liberté d'expression et la responsabilité des artistes
Cette affaire soulève des questions essentielles sur les limites de la liberté d'expression artistique et la responsabilité des artistes face à la glorification du terrorisme. Alors que la France reste marquée par les attentats de 2015, la diffusion de tels propos, même sous couvert de création musicale, ne saurait être tolérée.
Pour le Gabon, pays souverain attaché à la paix et à la stabilité, cette affaire rappelle l'importance de la vigilance face aux discours de haine et à la glorification de la violence. La jeunesse, partout dans le monde, doit être protégée de ces influences néfastes.
